Le cheval gériatrique

Avec l’augmentation de la qualité des soins donnés aux chevaux depuis quelques années, ces derniers vivent maintenant bien plus longtemps qu’avant. Il n’est pas rare de voir un cheval dans la fin de la vingtaine ou le début de la trentaine encore en bonne forme. Pour réussir à garder en santé un cheval de cet âge, il y a quelques points à surveiller.

 

La santé dentaire : Les chevaux ont une dentition bien différente de la nôtre. En effet, les dents des chevaux poussent continuellement jusqu’à épuisement de la racine dentaire. Lorsqu’une dent est épuisée, cela change complètement l’équilibre dans la bouche d’un cheval ce qui peut mener à une pousse excessive d’une dent, à une dent creuse, à la perte d’une dent, etc. C’est pourquoi il est très important de faire examiner la bouche de votre cheval gériatrique plus souvent (au moins une fois par année) car elle nécessite un entretien dentaire particulier. Si vous remarquez que votre cheval mange plus lentement, qu’il échappe des chiques de nourriture, qu’il a mauvaise haleine ou qu’il maigrit, un examen dentaire est indiqué. Un cheval gériatrique dont la bouche n’est pas bien entretenue est plus sujet à développer des problèmes de santé.

 

Coliques : Les chevaux de toutes races et de tous âges peuvent être atteints de coliques. Par contre, les chevaux gériatriques sont prédisposés à certains types de coliques particuliers. En effet, les vieux chevaux ont souvent une moins bonne dentition ce qui peut provoquer une difficulté à mâcher adéquatement leur nourriture. Une nourriture moins bien mâchée provoque plus facilement une impaction (constipation). Les chevaux âgés sont également prédisposés aux lipomes strangulés. En effet, un lipome est une tumeur bénigne composée de gras qui se forme parfois dans l’abdomen des chevaux. Plus le cheval est âgé, plus le lipome grossit. Si ce lipome s’enroule autour d’une anse intestinale ou d’un vaisseau sanguin, il peut provoquer une colique extrêmement douloureuse et urgente. Ce type de colique doit être traité chirurgicalement. Les chevaux âgés ont tendance à être moins démonstratifs lorsqu’ils ont mal. C’est pourquoi vous devriez aviser immédiatement votre vétérinaire si votre vieux cheval démontre des signes de coliques.

 

Bouchon oesophagien : Comme expliqué précédemment, les vieux chevaux peuvent avoir de la difficulté à mastiquer suffisamment leur nourriture. De la nourriture mal mastiquée peut provoquer plus aisément un bouchon oesophagien. Bien que cette condition ne soit pas une urgence, un bouchon oesophagien non-traité peut mener à certaines complications (pneumonie, dysfonctionnement chronique de l’oesophage). Si votre vieux cheval présente les signes d’un bouchon oesophagien, avisez votre vétérinaire.

 

Souffle : Cette maladie touche une très grande population de chevaux en Amérique du Nord. Le souffle s’apparente à l’asthme chez l’humain et est principalement d’origine allergique. Cette maladie, si elle est mal contrôlée, a tendance à s’aggraver avec le temps et c’est pourquoi les vieux chevaux en sont plus souvent atteints. Un cheval atteint du souffle devrait idéalement être gardé à l’extérieur en tout temps et ne devrait pas manger de foin sec. Des substituts de foin ou du foin trempé (pour les cas moins graves) peuvent être donnés à votre cheval. Certains chevaux doivent recevoir de la médication régulièrement pour être confortables. Votre vétérinaire est la personne la mieux placée pour vous aider à gérer la santé respiratoire de votre vieux cheval.

 

Maladie de Cushing : Cette maladie, causée par une dysfonctionde la glande hypophyse, est très fréquente chez les chevaux âgés de plus de 15 ans. Une portion de la glande hypophyse peut augmenter anormalement de volume avec le temps et comprimer d’autres portions de la glande, ce qui cause les signes cliniques de la maladie. Les signes de la maladie de Cushing incluent de l’hirsutisme (longs poils frisés et mue anormale), une soif augmentée, des mictions augmentées, de la fourbure, une perte d’énergie, une perte de la masse musculaire et une susceptibilité accrue aux infections. Le signe le plus caractéristique de cette maladie est l’hirsutisme et un cheval présentant ce signe a de très fortes chances d’être atteint. Des tests diagnostiques existent pour cette maladie, mais aucun n’est fiable à 100%. La maladie de Cushing ne se guérit pas, mais elle se contrôle avec de la médication.

 

Système immunitaire : Les chevaux âgés ont fréquemment un système immunitaire moins efficace que les chevaux plus jeunes ce qui les rend plus susceptibles aux maladies et retarde la guérison des maladies et autres blessures. Ils ont souvent plus de difficulté à se défendre contre les stress environnementaux (températures extrêmes, vent, humidité, insectes). Les vieux chevaux sont également plus sensibles au parasitisme. C’est pourquoi un cheval âgé devrait suivre un programme de vaccination et de vermifugation complet approuvé par votre vétérinaire.

 

Santé myo-arthro-squelettique : Les chevaux âgés souffrent fréquemment d’arthrose au niveau d’une ou de plusieurs articulations et présentent souvent de l’atrophie musculaire. Malgré l’arthrose et la fonte musculaire, ces chevaux doivent avoir une activité physique appropriée à leur niveau de confort et d’énergie. De nombreux additifs alimentaires (glucosamine et acides aminés entre autres) peuvent être donnés aux chevaux pour améliorer leur confort myo-arthro-squelettique.

 

État de chair : Le maintien d’une bonne cote de chair est un des grands défis des soins au cheval gériatrique. En effet, plusieurs problèmes affectant les chevaux âgés peuvent les faire maigrir comme les problèmes dentaires, de la maldigestion/malabsorption des nutriments et minéraux, la maladie de Cushing, etc. L’alimentation d’un cheval âgé doit être adaptée à ses problèmes de santé pour lui permettre de garder un poids optimal. En général, un cheval gériatrique devrait manger une nourriture riche en protéines, en fibres et en vitamines et minéraux essentiels (principalement phosphore et calcium). La nourriture devrait être appétissante, facile à digérer, exempte de poussière et contenir une source d’énergie facile à assimiler. Un cheval ayant de la difficulté à mastiquer peut être nourri avec des aliments liquides. Si le cheval est gardé avec d’autres chevaux plus jeunes, il faut s’assurer qu’il n’ait pas à compétitionner pour avoir sa ration. S’il a des besoins nutritionnels spéciaux, il devrait idéalement être nourri séparément des autres chevaux. Votre vétérinaire peut vous aider à planifier la régie, l’alimentation et l’ajout de nutraceutiques à la ration de votre cheval gériatrique.

 

La vieillesse n’est pas une maladie. Si votre cheval âgé présente des signes de maladie (diarrhée, perte de poids, changement de comportement, difficulté à manger, boiterie, etc), il bénéficierait fortement d’un examen vétérinaire.  Pour assurer une qualité de vie optimale à votre vieux compagnon, un examen par année est fortement recommandé. À partir de l’âge de 20 ans, il est également recommandé d’effectuer un bilan sanguin complet annuel ou aux 2 ans puisque la plupart des maladies sont beaucoup plus faciles à traiter si elles sont détectées tôt.

1 réflexion sur « Le cheval gériatrique »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *